Moroccan logistics awards 2018

Le continent est plus que jamais l’objet de convoitises. Les multinationales l’ont bien compris

Pour les multinationales IT, le Maroc est devenu un hub pour conquérir le marché africain. La vague d’implantations de bureaux régionaux pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest à Casablanca, ou encore de filiales dédiées, a été révélatrice du potentiel de ce marché mais surtout du caractère stratégique de la plateforme marocaine.

Proximité
Microsoft, IBM ou encore HP ont choisi, depuis les années 90, de s’installer au Maroc. Et c’est dès lors que l’idée d’attaquer l’Afrique commençait à se mettre en place. Les avantages d’un tel choix sont clairs. En plus de la proximité géographique, il s’agit aussi de proximité linguistique, notamment concernant les marchés francophones. Pour une multinationale, il est en fait plus intéressant financièrement et psychologiquement de demander à des Marocains d’assurer ce service, plutôt que d’œuvrer depuis son siège international. Quelques exemples: Cisco, leader mondial des réseaux, présent au Maroc à travers sa filiale Cisco Maroc, a annoncé récemment l’ouverture d’un centre d’excellence régional à Casablanca. Ce centre est amené à utiliser la dernière technologie pour assurer la vente et la couverture des pays africains francophones, y compris le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et les pays de l’Afrique francophone. Il est destiné à devenir «un élément important de notre stratégie dans la façon dont nous servons nos clients et partenaires dans la région MENA», affirme Hassan Bahej, directeur général de Cisco Maroc et Afrique de l’Ouest francophone.
De son côté, Sage, troisième éditeur mondial de logiciels de gestion, a choisi le Maroc, depuis déjà cinq ans pour s’approcher du marché africain, jugé à fort potentiel de croissance. L’entreprise développe, aujourd’hui, son métier dans plus d’une dizaine de pays de l’Afrique de l’Ouest. «Au niveau des pays africains dans lesquels nous opérons, la compétence marocaine est très respectée, ce qui nous facilite énormément notre développement dans ces pays», déclare Gregory Desmot, président directeur général de Sage Maroc. Comme plusieurs multinationales ou encore des entreprises marocaines, Sage a choisi le modèle indirect pour toucher ses clients africains. L’entreprise gère ses projets depuis le Maroc en coopérant avec des revendeurs locaux agréés. «Avec le lobbying local qui existe dans ces pays africains, il est de plus en plus facile d’approcher les marchés en coopérant avec des éditeurs locaux», explique Desmot.

L’Eldorado
Internationaux comme locaux, les opérateurs assurent que l’Afrique est le nouvel Eldorado, plusieurs pays du continent ayant un déficit en infrastructures et ont besoin de s’adapter aux nouvelles technologies. Mais à quel prix? En fait, la plupart de ces pays africains ne veulent plus que la valeur ajoutée soit externe; ils préfèrent qu’elle soit locale. Concrètement, ils ne veulent plus dépendre d’un coup commercial d’une entreprise étrangère, qui ne fait que leur vendre des produits ou services sans valeur ajoutée locale. «Ils veulent que ces derniers s’y installent pour créer des industries, des structures de services sur place, pour que la valeur ajoutée soit réellement présente localement», explique Abdou Diop, directeur associé à Mazars. En effet, c’est la valeur ajoutée des entreprises IT qui fait leur réputation en Afrique. Car, pour que le niveau de croissance observé en Afrique soit soutenable, les entreprises doivent l’accompagner avec de l’investissement, «si ce niveau d’investissement n’est pas soutenu, on ne peut pas prétendre à une explosion de la technologie dans le continent», assure Samir Benmekhlouf, le directeur général de Microsoft Maroc.